Après un accident corporel (accident de la route, accident de la vie, agression, accident médical…), la victime peut obtenir réparation de l’ensemble de ses préjudices. Parmi eux figure un poste central : les souffrances endurées, également appelées pretium doloris.
Ce poste indemnitaire vise à compenser la douleur physique et morale subie entre l’accident et la consolidation de l’état de santé.
Mais comment fixe-t-on le montant d’indemnisation des souffrances endurées ? Quels barèmes sont utilisés ? Peut-on négocier l’évaluation ? Voici un guide complet.
Qu’est-ce que le préjudice des souffrances endurées ?
Les souffrances endurées correspondent aux douleurs physiques et psychologiques subies par la victime :
- Douleurs liées aux blessures
- Hospitalisations
- Interventions chirurgicales
- Rééducation, soins lourds
- Stress, anxiété, choc émotionnel
Ce préjudice est temporaire : il concerne la période comprise entre l’accident et la consolidation.
Il est distinct :
- Du déficit fonctionnel temporaire DFT
- Du préjudice esthétique
- Du déficit fonctionnel permanent DFP
Son indemnisation est prévue par la Nomenclature Dintilhac, référence utilisée par les assureurs, médecins experts et tribunaux.
Comment les souffrances endurées sont-elles évaluées ?
L’évaluation repose sur une expertise médicale. Le médecin expert attribue une note sur une échelle de 1 à 7 :
| Degré | Qualification | Intensité |
|---|---|---|
| 1/7 | Très léger | Gêne minime |
| 2/7 | Léger | Douleurs modérées |
| 3/7 | Modéré | Douleurs réelles |
| 4/7 | Moyen | Douleurs importantes |
| 5/7 | Assez important | Souffrances marquées |
| 6/7 | Important | Douleurs sévères |
| 7/7 | Très important | Souffrances extrêmes |
Cette note constitue la base de calcul du montant d’indemnisation.
Barème indicatif des montants de souffrances endurées
Il n’existe pas de barème légal obligatoire, mais la pratique judiciaire permet d’identifier des fourchettes moyennes :
| Cotation | Montant indicatif |
|---|---|
| 1/7 | 500 € à 1 500 € |
| 2/7 | 1 500 € à 3 000 € |
| 3/7 | 3 000 € à 6 000 € |
| 4/7 | 6 000 € à 10 000 € |
| 5/7 | 10 000 € à 18 000 € |
| 6/7 | 18 000 € à 30 000 € |
| 7/7 | 30 000 € à 50 000 € et plus |
Ces montants varient selon :
- La gravité des blessures
- La durée des soins
- Le nombre d’interventions
- L’âge de la victime
- Les circonstances de l’accident
Exemples concrets d’indemnisation
- Fracture avec immobilisation et rééducation : 3 000 € à 8 000 €
- Chirurgie + hospitalisation prolongée : 8 000 € à 15 000 €
- Polytraumatisme avec douleurs intenses : 20 000 € à 40 000 €
Les juridictions françaises, sous le contrôle de la Cour de cassation, rappellent que l’indemnisation en droit commun doit être intégrale. C’est-à-dire couvrir l’intégralité des souffrances réellement subies. C’est le cas par exemple d’un accident de la route loi Badinter.
Peut-on contester l’évaluation des souffrances endurées ?
Oui. Il est fréquent que les assureurs proposent une évaluation basse.
Vous pouvez :
- Demander une contre-expertise médicale
- Vous faire assister par un médecin-conseil indépendant
- Être accompagné par un avocat en dommage corporel
Une contestation bien argumentée peut conduire à une revalorisation significative.
L’importance des preuves médicales
Pour maximiser votre indemnisation, conservez :
- Comptes rendus hospitaliers
- Certificats médicaux
- Ordonnances
- Radios, IRM, scanners
- Journal de douleurs (intensité, fréquence, impact quotidien)
Plus votre dossier est documenté, plus l’évaluation sera précise.
Souffrances endurées et autres préjudices indemnisables
Les souffrances endurées s’ajoutent à d’autres postes comme :
- Déficit fonctionnel temporaire
- Préjudice esthétique temporaire
- Préjudice professionnel
- Préjudice moral
- Déficit fonctionnel permanent
Une indemnisation globale peut ainsi atteindre des montants élevés selon la gravité des séquelles.
Pourquoi se faire accompagner par un avocat ?
Un avocat en réparation du dommage corporel :
- Analyse votre dossier médical
- Vérifie la cohérence de l’expertise
- Négocie avec l’assureur
- Engage une procédure si nécessaire
Son intervention permet souvent d’obtenir une indemnisation nettement supérieure à la première offre.
À retenir
✔ Les souffrances endurées indemnisent la douleur physique et psychique
✔ Elles sont notées de 1 à 7 par expertise médicale
✔ Les montants varient de quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers d’euros
✔ Une contestation est possible et souvent utile